• Daphnis et Chloé en bilingue (Livre 1, Chapitres 1 à 3)

     

    Voici la proposition de traduction de Citronnelle.

     

    N'hésitez pas à la commenter ou à envoyer vos dessins !

     

     

    Chapitre 1

     

    Ἐν Λέσβῳ θηρῶν ἐν ἄλσει Νυμφῶν θέαμα εἶδον κάλλιστον ὧν εἶδον · εἰκόνα γραπτήν, ἱστορίαν ἔρωτος.

     

    Καλὸν μὲν καὶ τὸ ἄλσος, πολύδενδρον, ἀνθηρόν, κατάρρυτον · μία πηγὴ πάντα ἔτρεφε, καὶ τὰ ἄνθη καὶ τὰ δένδρα · ἀλλ´ ἡ γραφὴ τερπνοτέρα καὶ τέχνην ἔχουσα περιττὴν καὶ τύχην ἐρωτικήν · ὥστε πολλοὶ καὶ τῶν ξένων κατὰ φήμην ᾔεσαν, τῶν μὲν Νυμφῶν ἱκέται, τῆς δὲ εἰκόνος θεαταί. Γυναῖκες ἐπ´αὐτῆς τίκτουσαι καὶ ἄλλαι σπαργάνοις κοσμοῦσαι, παιδία ἐκκείμενα, ποίμνια τρέφοντα, ποιμένες ἀναιρούμενοι, νέοι συντιθέμενοι, λῃστῶν καταδρομή, πολεμίων ἐμβολή.

     

    Πολλὰ ἄλλα καὶ πάντα ἐρωτικὰ ἰδόντα με καὶ θαυμάσαντα πόθος ἔσχεν ἀντιγράψαι τῇ γραφῇ ·

     

     

        C'est à Lesbos, en chassant dans le bois sacré des Nymphes, que j'ai vu le plus beau des spectacles : une représentation peinte, celle d'une histoire d'amour.

         Il est beau, le bois sacré, plein d'arbres, fleuri, et frais. Une seule source nourrit tout, et fleurs et arbres. Pourtant, la peinture est plus charmante encore, son art est plus grand, et son thème est celui de l'amour ; si bien que beaucoup d'étrangers qui en ont entendu parler y vont, les uns en suppliants des nymphes, les autres pour admirer la représentation peinte. Sur celle ci, des femmes qui accouchent, d'autres arrangeant des langes, des enfants allongés, des troupeaux qui paissent, des bergers en train de les rassembler, de jeunes gens réunis, des brigands qui accourent et des ennemis en train d'attaquer.

        En voyant et en admirant tout cela et bien d'autres images d'amour, le désir m'a pris de raconter par écrit ce tableau.

     

    καὶ ἀναζητησάμενος ἐξηγητὴν τῆς εἰκόνος τέτταρας βίβλους ἐξεπονησάμην, ἀνάθημα μὲν Ἔρωτι καὶ Νύμφαις καὶ Πανί, κτῆμα δὲ τερπνὸν πᾶσιν ἀνθρώποις, ὃ καὶ νοσοῦντα ἰάσεται, καὶ λυπούμενον παραμυθήσεται, τὸν ἐρασθέντα ἀναμνήσει, τὸν οὐκ ἐρασθέντα προπαιδεύσει. Πάντως γὰρ οὐδεὶς ἔρωτα ἔφυγεν ἢ φεύξεται, μέχρις ἂν κάλλος ᾖ καὶ ὀφθαλμοὶ βλέπωσιν. Ἡμῖν δ´ ὁ θεὸς παράσχοι σωφρονοῦσι τὰ τῶν ἄλλων γράφειν.

     

     

     

     

     

     

    Πόλις ἐστὶ τῆς Λέσβου Μιτυλήνη, μεγάλη καὶ καλή· διείληπται γὰρ εὐρίποις ὑπεισρεούσης τῆς θαλάσσης, καὶ κεκόσμηται γεφύραις ξεστοῦ καὶ λευκοῦ λίθου. Νομίσαις οὐ πόλιν ὁρᾶν ἀλλὰ νῆσον.

     

     

     

     

     

    Ταύτης τῆς πόλεως τῆς Μιτυλήνης ὅσον ἀπὸ σταδίων διακοσίων ἀγρὸς ἦν ἀνδρὸς εὐδαίμονος, κτῆμα κάλλιστον · ὄρη θηροτρόφα, πεδία πυροφόρα · γήλοφοι κλημάτων, νομαὶ ποιμνίων · καὶ ἡ θάλασσα προσέκλυζεν ἠϊόνι ἐκτεταμένῃ ψάμμου μαλθακῆς.

     

     

    Après avoir cherché quelqu'un qui puisse m'expliquer l'image, j'ai composé quatre livres, en offrande à Erôs, aux Nymphes et à Pan : c'est un bien durable, propre à réjouir tous les hommes, un bien qui guérira le malade, qui consolera l'affligé, qui replongera celui qui a aimé dans ses souvenirs, qui instruira celui qui n'a pas encore aimé. Car personne n'a échappé ni n'échappera à l'amour, du moins tant que la beauté existe et que les yeux y voient. Pour nous, qui sommes d'humeur équilibrée, que le dieu nous donne d'écrire les histoires des autres !

     

     

    La ville de Lesbos, c'est Mitylène. Elle est grande et belle. Elle est séparée par des canaux où la mer coule doucement, et ornée par des ponts dont la pierre est polie et blanche. Tu croirais y voir non une ville, mais une île.





     A deux cent stades de la ville de Mytilène était la terre d'un heureux homme, un très beau bien : il y avait là des montagnes à bêtes sauvages, des plaines fertiles en blé, des collines de vigne, des pâturages de troupeaux ; et la mer y frémissait  le long d'un rivage de sable doux.

     

     

     

    Chapitre 2

     

    [1,2] Ἐν τῷδε τῷ ἀγρῷ νέμων αἰπόλος, Λάμων τοὔνομα, παιδίον εὗρεν ὑπὸ μιᾶς τῶν αἰγῶν τρεφόμενον. Δρυμὸς ἦν καὶ λόχμη βάτων καὶ κιττὸς ἐπιπλανώμενος καὶ πόα μαλθακή, καθ´ ἧς ἔκειτο τὸ παιδίον. Ἐνταῦθα ἡ αἲξ θέουσα συνεχὲς ἀφανὴς ἐγίνετο πολλάκις καὶ τὸν ἔριφον ἀπολιποῦσα τῷ βρέφει παρέμενε.

     

     

     

     

    Φυλάττει τὰς διαδρομὰς ὁ Λάμων οἰκτείρας ἀμελούμενον τὸν ἔριφον, καὶ μεσημβρίας ἀκμαζούσης κατ´ ἴχνος ἐλθὼν ὁρᾷ τὴν μὲν αἶγα πεφυλαγμένως περιβεβηκυῖαν, μὴ ταῖς χηλαῖς βλάπτοι πατοῦσα, τὸ δὲ ὥσπερ ἐκ μητρῴας θηλῆς τὴν ἐπιρροὴν ἕλκον τοῦ γάλακτος.

     

     

     

    Θαυμάσας, ὥσπερ εἰκὸς ἦν, πρόσεισιν ἐγγὺς καὶ εὑρίσκει παιδίον ἄρρεν, μέγα καὶ καλὸν καὶ τῆς κατὰ τὴν ἔκθεσιν τύχης ἐν σπαργάνοις κρείττοσι  · χλανίδιόν τε γὰρ ἦν ἁλουργὲς καὶ πόρπη χρυσῆ καὶ ξιφίδιον ἐλεφαντόκωπον.

     

    Sur cette terre, un chevrier du nom de Lamon, qui avait l'habitude de faire paître là ses bêtes, trouva un jour un nourrisson, que l'une de ses chèvres était en train d'allaiter. Cela se passa dans un bois, près d'un fourré de ronces, au milieu du lierre errant : là, sur de l'herbe molle était étendu le nourrisson. La chèvre y courait sans cesse,  disparaissait souvent, abandonnait son chevreau, puis revenait auprès du nourrisson.

     

     

     Lamon surveille les étendues des pâturages ; il a pitié du chevreau laissé sans soins, et, comme le soleil était à son zénith, il suit les traces et voit que la chèvre avait précautionneusement enjambé le nourrisson, en prenant garde à ne pas le blesser avec ses sabots, et que le nourrisson en tirait des flots de lait, comme il l'eût fait du sein de sa mère.

     

     

     

    Etonné, comme cela est naturel, Lamon s'approche plus près encore et trouve un nourrisson de sexe masculin, grand, beau, et enveloppé, comme au moment de son abandon, dans des langes bien meilleurs qu'on aurait pu l'imaginer : une couverture de laine fine, teinte en pourpre, une agrafe d'or et une petite épée à poignée d'ivoire.

     

     

     

    Chapitre 3

     

    Τὸ μὲν οὖν πρῶτον ἐβουλεύσατο μόνα τὰ γνωρίσματα βαστάσας ἀμελῆσαι τοῦ βρέφους · ἔπειτα αἰδεσθεὶς εἰ μηδὲ αἰγὸς φιλανθρωπίαν μιμήσεται, νύκτα φυλάξας κομίζει πάντα πρὸς τὴν γυναῖκα Μυρτάλην, καὶ τὰ γνωρίσματα καὶ τὸ παιδίον καὶ τὴν αἶγα αὐτήν.

     

     

    Τῆς δὲ ἐκπλαγείσης εἰ παιδία τίκτουσιν αἶγες, πάντα αὐτῇ διηγεῖται, πῶς εὗρεν ἐκκείμενον, πῶς εἶδε τρεφόμενον, πῶς ᾐδέσθη καταλιπεῖν ἀποθανούμενον.

           Dans un premier temps, il décida d'emporter les objets de reconnaissance seuls et de laisser sans soins le nourrisson ; puis il eut honte à l'idée de ne pas imiter la philanthropie d'une chèvre, et, après les avoir surveillés jusqu'à la nuit, il porte tout à sa femme Myrtale : les objets de reconnaissance, le nouveau-né et la chèvre elle-même.

       

       Comme sa femme était sous le choc à l'idée que des chèvres donnent naissance à des enfants, il lui raconte tout en détail : comment il a trouvé l'enfant allongé, comment il l'a vu être allaité, et comment il eut honte de l'abandonner mourant.

     

    Δόξαν δὴ κἀκείνῃ, τὰ μὲν συνεκτεθέντα κρύπτουσι, τὸ δὲ παιδίον αὑτῶν νομίζουσι, τῇ δὲ αἰγὶ τὴν τροφὴν ἐπιτρέπουσιν. Ὡς δ´ ἂν καὶ τοὔνομα τοῦ παιδίου ποιμενικὸν δοκοίη, Δάφνιν αὐτὸν ἔγνωσαν καλεῖν.

      

     Sa femme est du même avis que lui : ils cachent les objets laissés lors de l'abandon, considèrent l'enfant comme le leur, et chargent la chèvre de le nourrir. Et, afin de donner un nom de berger à l'enfant, ils décidèrent de l'appeler Daphnis.

     

     

     

    Chapitre 4

     

    Ἤδη δὲ διετοῦς χρόνου διικνουμένου, ποιμὴν ἐξ ἀγρῶν ὁμόρων νέμων, Δρύας τὸ ὄνομα, καὶ αὐτὸς ὁμοίοις ἐπιτυγχάνει καὶ εὑρήμασι καὶ θεάμασι. Νυμφῶν ἄντρον ἦν, πέτρα μεγάλη, τὰ ἔνδοθεν κοίλη, τὰ ἔξωθεν περιφερής. Τὰ ἀγάλματα τῶν Νυμφῶν αὐτῶν λίθοις ἐπεποίητο · πόδες ἀνυπόδητοι, χεῖρες εἰς ὤμους γυμναί, κόμαι μέχρι τῶν αὐχένων λελυμέναι, ζῶμα περὶ τὴν ἰξύν, μειδίαμα περὶ τὴν ὀφρύν · τὸ πᾶν σχῆμα χορεία ἦν ὀρχουμένων.

    Déjà, une période de deux ans s'était écoulée, lorqu'un berger, qui faisait paître ses bêtes dans les champs limitrophes, et dont le nom était Dryas, fut face aux mêmes trouvailles et aux mêmes spectacles.

    Il était une grotte des Nymphes, une granche roche creuse à l'intérieur, arrondie à l'extérieur.

    Dans la pierre avaient été crées des statues des Nymphes elles-mêmes : pieds sans sandales, bras nus jusqu'aux épaules, cheveux dénoués sur la nuque, ceinture autour des hanches, rire dans les yeux ; et leur attitude était toute entière celle d'un choeur de danseuses.

     

     


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